Interview de Gilles Peyroux, auteur de « Retour à Pecq »

En Mars 2017 sortira le premier roman illustré publié par Mega-Low-Comix. Gilles Peyroux son auteur a accepté de répondre aux questions de Corinne Drax, notre attachée de presse …

le beau gosse de Mega-Low-Comix nous dit tout !

le beau gosse de Mega-Low-Comix nous dit tout !

Bonjour Gilles, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Et bien bonjour, Gilles Peyroux donc. Échoué un premier janvier sur la Côte Atlantique (Bayonne plus précisément) il y a de cela 34 ans. Gamer, cinévore et geek. Accessoirement auteur. Un goût prononcé pour l’humour au 47ème degré, les traits d’esprit qui ne font rire que soit, le riz au quinoa, les voyages en train, les animaux qui ne ressemblent à rien, la sur-utilisation d’adverbes et, surtout, la procrastination.
Niveau parcours, j’ai commencé à écrire à 15 ans, un dimanche après-midi où je m’ennuyais et n’avais pas de livre sous la main. J’étais persuadé que mon texte était génial et, de la même manière que j’étais persuadé alors que je sortirais avec Sabrina T., j’étais bien évidemment totalement à côté de la plaque. Mais j’ai insisté.
Si bien qu’à la fac j’avais un recueil de poèmes prêt à être publié. J’étais persuadé que j’allais être édité et, de la même manière que j’étais persuadé alors que je sortirais avec Olivia L., j’étais là encore totalement à côté de la plaque. Mais j’ai insisté.
Et en 2008, j’ai sorti un recueil de nouvelles, Amours biodégradables, dont une nouvelle édition, plus épurée, sortira courant mars.
Ensuite je me suis lancé dans un roman qui pour l’instant se morfond dans un dossier poussiéreux de mon ordinateur. Puis j’ai embrayé sur le projet Blaireau qui est devenu, au fil du temps, le roman « Retour à Pecq ». Parallèlement, j’ai débuté un autre roman qui, pour l’instant, prend bien moins la poussière que son grand frère.
Sinon, parce qu’il faut bien vivre, je bosse en médiathèque ; et je m’en porte très bien.

Quelle a été la genèse de « Retour à Pecq » ?

Je crois que ça a commencé en 2013. Mathias avait un projet de collectif autour de l’univers issu de son comic-book Capitaine LSD : Welcome to the 90’s. Comme il avait lu mon recueil de nouvelles, il m’a proposé d’en écrire une sur un des personnages. Donc, à l’origine, ce n’était rien que ça : une nouvelle. Puis le projet de collectif a patiné et comme j’avais déjà rédigé un premier jet, Mathias m’a encouragé à continuer pour voir jusqu’où j’irais ; finalement, la nouvelle est devenue un petit roman.
À ce moment, je lui ai proposé l’idée d’insérer entre chaque chapitre des planches de BD accès sur le Blaireau (le texte s’articulant plus sur une narration chorale). C’était une manière de replacer le super-héros au centre de l’histoire et de faire un lien avec Capitaine LSD (garder la cohérence de l’univers et sa tonalité était pour moi primordial). Ça donne ainsi un livre un peu hybride dont nous sommes tous les deux très contents.

Comment avez-vous travaillé avec Mathias ?

Ça, c’est la partie la plus dure. Pas de travailler avec lui (je précise avant qu’il lance un contrat sur ma tête), mais de pouvoir échanger suffisamment pour créer une sorte de symbiose. Heureusement qu’il y a Internet car nous habitons bien loin l’un de l’autre. Donc on a fonctionné essentiellement par mails et messagerie pour se donner infos et retours. Et, quand il avait l’opportunité de venir sur la côte voir sa famille, on essayait de se caler des après-midi studieuses (qu’on passait autant de temps, si ce n’est plus, à parler de l’univers Star Wars que du projet). Voilà pour les considérations techniques.
En ce qui concerne le côté créatif, Mathias m’avait donné plus ou moins carte blanche pour l’histoire et cette marque de confiance est vraiment appréciable même si ça met la pression. Jouer avec son univers et ses personnages est une chose, mais avec ceux des autres, ça représente des responsabilités. Heureusement tout s’est bien passé et je ne crois pas qu’on ait eu une seule fois des désaccords majeurs ou même mineurs.
J’ai rédigé la totalité du texte et ensuite nous nous sommes occupés des planches de BD. Même si je les ai scénarisées et dialoguées, je lui ai laissé la main pour le découpage des cases et de l’action vu que c’est son rayon et qu’il maîtrise bien, le bougre. C’est d’ailleurs très agréable de voir que ce qu’on avait en tête prend vie sous le dessin d’un autre, mais d’une manière bien meilleure que ce qu’on avait visualisé. Le roman ne me paraîtrait pas complet sans les illustrations de Mathias.

Pourquoi avoir choisi Le Blaireau parmi tous les personnages de l’univers Mega-Low ?

Je n’ai pas de faits rationnels à présenter pour ma défense. J’ai découvert le Blaireau dans Capitaine LSD et même si on ne le voit que dans peu de cases (genre 3 ou 4), on retient sa dégaine. Il m’a fait rire. Un côté un peu ringard qui me plaisait sans doute.
D’ailleurs, petite confidence : dans la première version de la nouvelle, j’étais parti dans l’idée de justement en faire un gros loser bien ringardos (à ce propos, employer cette expression, ringardos, c’est déjà un peu l’être soi-même) qui passerait sa retraite à faire le videur dans une boite de nuit minable. Et puis, comme j’aime bien l’art du contrepied, j’ai finalement abandonné l’idée, et le Blaireau cache donc sous sa fourrure une personnalité bien complexe. Le costume ne fait pas le moine, et ainsi en va du nom.

Pourrais-tu nous dire quelles sont tes influences (BD, littérature ou autre) ?

Ce n’est pas que je veux éviter de répondre à la question, mais en fait les influences ça touche un champ tellement vaste, parfois conscient et bien souvent inconscient. Je pourrais parler de mes goûts en long en large et en travers mais je vais éviter de faire une digression ultime (je ne l’ai pas précisé dans ma présentation : j’ai également un goût prononcé pour la digression).
De plus, j’en parle rapidement dans le roman à la fin de la page de remerciements et je ne vais donc pas me répéter ici. On y verra là tout autant une volonté de ne rien spoiler qu’une technique de vente que ne renierait pas un animateur de télé-achat.
La seule chose que je peux dire, c’est que dans les univers de super-héros, ce qui m’intéresse le plus ce n’est pas le côté super-héros mais plutôt la personne qui vit sous le masque. Donc tout film, comic-book ou jeu vidéo qui aborde ce sujet m’a sans doute influencé d’une certaine manière. Au final, il me semble qu’on écrit les histoires qu’on voudrait lire, voir ou jouer. Enfin, ça vaut pour moi en tout cas.

Prévois-tu d’aller à Pecq (si ce n’est déjà fait) ?

Genre, un pèlerinage sur les saintes terres du Blaireau ? Non, je ne l’ai pas encore fait et je ne le projette pas vraiment. J’ai pas mal traîné sur le Net pour voir des photos des lieux et faire joujou avec Google Earth au début de la phase de rédaction, histoire de me mettre dans l’ambiance. Aussi, même si c’est loin d’être vrai, j’ai presque l’impression de connaître cet endroit, d’y avoir passé du temps. Tout du moins le Pecq du roman. J’ai une affection particulière pour lui maintenant. Et, pour l’instant, je crois que ça me suffit.

Peux-tu nous parler de Corinne Drax ?

Corinne Drax est à Mathias ce qu’était le Blaireau pour moi dans Capitaine LSD : un personnage en périphérie de l’histoire qui accroche notre regard.
Productrice d’une chaîne de télé, elle est à peine mentionnée dans le roman. Pour la petite anecdote, j’ai formé son nom à partir du film Moonraker (probablement un des pires James Bond, et je précise que je suis fan de la saga). Drax est le nom du méchant interprété par Michael Lonsdale et Corinne le prénom de l’actrice Corinne Cléry qui jouait son assistante dans le métrage.
Est-ce à dire que Corinne Drax est une méchante ? Tous les producteurs de TV sont-ils des ordures ? Mystère. « Retour à Pecq » ne lèvera certainement pas le voile à ce sujet mais Mathias comme moi avons des idées prêtes à être développées et il est fort à parier que nous retrouverons miss Drax tôt ou tard.

Travailles-tu à l’écriture d’un prochain roman ?

J’ai déjà mentionné les deux romans qui prennent la poussière dans mes dossiers sur mon PC. S’il y en a un qui me paraît devenir de plus en plus une relique du passé (sa place est dans un musée, comme dirait un éminent archéologue), l’autre est encore à portée de main et je pense m’y remettre sérieusement dans le courant de l’année maintenant que « Retour à Pecq » va se dévoiler aux lecteurs et voler de ses propres ailes.
Parallèlement, je travaille actuellement sur une bande dessinée avec le talentueux Da Coffee Time, dont on peut trouver des extraits de ses travaux sur son site web et autres pages de réseaux sociaux. C’est un projet ultra emballant mais je ne vais pas en dire plus parce que je suis un garçon plutôt superstitieux.

Très bien. Un dernier mot pour la fin ?

« Han shot first. » C’est une évidence. Ah, et puis merci à Mathias. Là encore, une évidence.

( Alors je précise que je pense aussi que « Han shot first. »! J’adore la prélogie, j’adore Jar-Jar, mais l’Édition Spéciale ça ne passe pas ! Après ça sera toujours George qui aura le dernier mot malgré tout, c est normal, peace . Mathias )